L'IUT accueille jusqu'au 22 mars une exposition de l'artiste brécéen Jean-Luc Rocaboy, majoritairement composée de nus. Elle peut paraître dérangeante. Son auteur nous invite à voir au-delà.

« Ces toiles de Jean-Luc Rocaboy nous questionnent, nous mettent parfois mal à l'aise parce que nous ne le sommes pas toujours avec notre corps», a déclaré Guy Flucha, responsable de l'IUT de Saint-Lô, mardi soir, en préambule du vernissage de l'exposition qui se tient dans cet établissement jusqu'au 22 mars. «Un choix réalisé par une équipe qui l'a préparée et travaillée en terme d'information, de temps et de rencontre», a t-il précisé.

Jean-Luc Rocaboy est professeur d'arts plastiques au collège de Brécey. Il se fait plaisir en se livrant au «corps à corps», selon son expression, avec des grands formats (1,5m x 2m, voire plus). Son thème récurrent ? Le corps. Des nus essentiellement féminins, « j'aimerais faire plus de nus masculins, mais il n'est pas évident de trouver des modèles », reconnaît l'artiste. Pourquoi des nus? « Demandez à mon psychanalyste, il vous répondra... », glisse-t-il malicieusement.

Jean-Luc Rocaboy considère qu'aujourd'hui la majorité des gens découvre le monde uniquement au travers des médias. Aussi utilise-t-il la photo comme point de départ de ses créations. «Elle est pour moi comme une paire de jumelles avec laquelle je découvre mes sujets. » Elle lui permet une recherche de la lumière, de la pose, d'attitudes, d'une certaine mise en scène. « Une fois prises, mes photos sont mises à l'écart. Lorsque je les ressore, des clichés s'imposent parfois. Je prends, ou je ne prends pas ». Ainsi naît une idée de tableau. « Certains sont inspirés de photos de magazines, ou d'une culture tauromachique télévisée », précise le peintre.

Ses toiles, longtemps empilées, attendaient un espace de peinture. « Je les ai redécouvertes en les voyant sur les murs, confie-t-il. « Et mon intérêt est de pouvoir offrir gratuitement l'exposition à un public. »

Ouest-France - 3 mars 2001

Mardi matin, une grenouille géante a été mise en place devant le jardin des Lavandières. La sculpture intitulée "La Déesse des Lavandières" réalisée par Jean-Luc Rocaboy, par ailleurs professeur d'arts plastiques au collège, mesure 2 m de heut et pèse quelque 3,5 tonnes.

"La couleur est en harmonie avec le sol et se patinera avec le temps" explique Jean-Luc Rocaboy. "Elle représente une vieille grenouille tenant à la main une sorte de roseau dans ce lieu qui fut un lavoir il y a plus de 50 ans. Le promeneur pourra la percevoir comme l'ancêtre de ce lieu chargé de mémoire."

Posés au sol, un morceau de savon, une brosse à chiendent, un battoir, instruments utilisés par les lavandières, témoignent de ce passé lointain.

De gauche à droite : Rémi Lorence, Mickaël Dechancé, René Lethimonnier, Bernard Tréhet ;
assis : Jean-Luc Rocaboy, auteur de La Déesse des Lavandières.

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